LEARNING : METTRE EN PLACE UNE CULTURE APPRENANTE

Les entreprises ont besoin de gagner en flexibilité. Former les talents et les faire bouger en interne répond à une tendance nécessaire : l’agilité.  Mais cette souplesse n’est possible que dans les organisations favorisant le feedback, l’apprentissage continu et collaboratif. Découvrez les points forts des organisations apprenantes et 4 clefs pour se lancer.                                                     

Comment les organisations s’y prennent-elles pour favoriser le partage de savoirs faire et des savoirs-être ? En quoi le digital et les outils collaboratifs peuvent-ils contribuer au partage de connaissance ? Pourquoi ne sont-ils pas suffisants ? Quelles autres actions mettre en place pour favoriser les échanges et la co-création ? Si les réponses varient selon les secteurs et la taille des entreprises, certains axes demeurent communs.

1. Du micro-learning en perfusion

Aujourd’hui, la connaissance est partout en ligne. Les objectifs pédagogiques et la manière de former les collaborateurs évoluent donc :  il s’agit de transmettre non pas un savoir générique mais la bonne information, au bon moment. Les neurosciences ont révélé que les personnes retenaient surtout ce qu’elles avaient identifié comme nécessaire. Mieux vaut donc apprendre fréquemment une compétence en situation de travail pour résoudre un problème précis que d’apprendre rarement une compétence en dehors d’un contexte professionnel. Bien sûr certaines formations nécessitent de prendre du recul mais pour monter en compétences techniques, il est recommandé d’apprendre sur site, en mettant immédiatement en pratique les apprentissages. L’intelligence artificielle ouvre d’ailleurs de belles perspectives au micro-Learning en situation de travail. Dans son article « Vers une organisation apprenante augmentée​ par l’IA? », Thiery Bonetto évoque la « suggestion automatique de graines pédagogiques dans le « flux » de travail, en fonction du profil du collaborateur (ancienneté dans le poste, maturité dans la pratique, performance dans le job), voire à partir de reconnaissance faciale : imaginez que vous buttez sur une fonctionnalité en entrant vos notes de frais sur votre système : la machine peut « lire » votre humeur et vous proposer une aide simple pour surmonter la difficulté ! ».

2. Du feedback en continu 

A terme, toutes les entreprises ont à gagner à développer une culture de feedback continu. En renforçant la confiance entre les collaborateurs et le management ou en permettant le réajustement progressif des pratiques et comportements, les feedbacks optimisent les performances individuelles et collectives. Ils sont donc incontournables. Le feedback continu permet notamment de :

  • Détecter les axes de progrès : cette méthode contribue à une amélioration en boucle rétroactive des processus et comportements.
  • Augmenter la productivité : en facilitant les échanges il réduit les facteurs d’incompréhension et évite les erreurs ou permet leurs ajustements précoces.
  • Co-construire le sens : toute l’équipe est impliquée, ce qui facilite le développement des personnes et l’intelligence collective
  • Retenir les talents : une personne qui reçoit beaucoup de feedback peut s’améliorer et se sentir reconnue dans ce qu’elle fait et incarne. Elle a ainsi des chances de s’investir et de rester plus longtemps dans l’entreprise.

3. Une réorganisation des services et des modes de travail

Dans une culture apprenante, tout le monde peut apprendre des uns et des autres et les initiatives sont valorisées. Les projets transverses et collaboratifs sont nombreux et des temps sont réservés à l’apprentissage entre pairs. La qualité de la vision partagée permet aussi la souplesse de l’organisation et des processus de travail car les collaborateurs avancent vers un but commun, en créant de nouvelles solutions. Une étude du cabinet McKinsey affirme que les dirigeants ont cinq fois plus de chances d’estimer qu’une transformation organisationnelle est réussie dans les équipes où les collaborateurs comprennent en quoi leur travail participe au projet global de l’entreprise.

4. Un état d’esprit à cultiver

D’après Stephen J. Gill, la culture apprenante est « un état d’esprit unissant une communauté de travailleurs qui, ensemble et en permanence, cherchent à développer leur performance au travers de nouvelles connaissances, nouvelles compétences et nouvelles pratiques afin d’atteindre les objectifs de leur entreprise ». Cet esprit se consolide sur la durée au travers de processus permettant l’ouverture d’esprit et le questionnement. La formation dans une culture apprenante prend une nouvelle forme : elle n’est pas un service à part mais est intégrée dans le quotidien d’un poste de travail. « Les collaborateurs, poursuit Stephen J. Gill, doivent être en mesure d’identifier leur besoin au sein même de leur environnement de travail, au moment où il leur fait défaut, et doivent pouvoir y répondre sur-le-champ. Autrement dit, ils ont besoin de savoir comment apprendre tout en travaillant ». Au-delà de la mise à disposition de contenus de formation via des outils digitaux, une entreprise apprenante doit mettre en place une dynamique pour que les collaborateurs accèdent aux informations en temps utile et surtout reçoivent des feedbacks sur leurs apprentissages.

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delphine tordjman

delphine tordjman

Responsable du pôle Conseil en Formation

J’aborde la vie avec enthousiasme et énergie et je ne fais pas les choses à moitié ! Consultante coach avec 15 ans d’expérience dans la formation et le digital, je mène vos projets avec passion. Mon plus : 5 livres publiés dont un sur la reconnaissance au travail  

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