#38 La réflexivité en formation et dans les apprentissages

Cogito ergo sum. Sans être latiniste, vous aurez peut-être reconnu là la célèbre locution « Je pense, donc je suis » de Descartes 📚 Elle tombe à point nommé pour introduire notre sujet du jour : la réflexivité.

C’est vrai, il n’est pas toujours évident aujourd’hui de sortir la tête du guidon pour se regarder dans un miroir et examiner son reflet 🔍 La réflexivité est pourtant un excellent de consolider les points de vue théoriques par les apports pratiques. C’est pourquoi on espère que cette NOOUSletter vous apporte un éclairage 💡

I- Définition de la réflexivité

La réflexivité fait référence à l’aptitude humaine à se percevoir et à interroger sa pratique professionnelle. Il s’agit d’une véritable compétence qui consiste à reconsidérer, repenser, reconstruire mentalement ses expériences et ses actions d’une manière réfléchie et plus ou moins systématique. La réflexivité implique conscience de soi, curiosité et ouverture. Elle consiste à adopter une posture critique et créative, nécessaire à la prise du recul.

L’appellation « praticien réflexif » renvoie aux travaux de Jean Piaget, psychologue suisse : le sujet prend sa propre action, ses propres fonctionnements mentaux comme objets d’analyse et essaie de percevoir sa propre façon d’agir. Dans Le praticien réflexif (1994), Donald Schön, chercheur américain, se donne pour objectif d’identifier l’ensemble des savoirs tacites ou cachés qui structurent la réflexion du sujet pour construire une épistémologie de l’agir professionnel. Il encourage chez ses lecteurs un tournant réflexif visant à compléter l’approche pédagogique de production de savoirs par un apprentissage de la réflexion sur les pratiques. Il distingue la réflexion dans l’action qui permet à un sujet de « s’observer en train de faire », et la réflexion sur l’action au cours de laquelle le sujet analyse ce qu’il s’est passé et évalue les effets de son action.

La réflexivité concerne le retour de la pensée sur elle-même. Cette notion se distingue donc de celle d’introspection. Elle suppose que l’individu puisse se dégager de son cadre habituel de référence et fasse appel à d’autres grilles de lecture que les siennes. Cette pédagogie active augmente ainsi le transfert d’apprentissage.

La réflexivité ne doit pas être confondue avec l’évaluation de la performance (l’atteinte d’objectifs qualitatifs ou quantitatifs), ni un simple « débriefing » à chaud et à froid. Cette compétence n’est pas innée, elle mobilise un certain nombre d’habiletés métacognitives. Mais pas de panique : la réflexivité s’acquiert et se développe 😉

II- Atouts de la réflexivité

L’habitude, comme les contraintes d’accélération, peuvent conduire le praticien à rater des occasions de penser à ce qu’il fait. Réussir à prendre de la hauteur sur ses pratiques devient alors un enjeu. Pourtant, penser l’action professionnelle au plus près est un excellent moyen pour prendre du recul sur le quotidien de travail, amorcer des démarches d’amélioration continue, et formaliser des savoirs implicites de l’entreprise.

La réflexivité permet de porter un regard neutre et analytique sur sa propre action afin d’améliorer ses pratiques, d’ancrer ses apprentissages.
Petite parenthèse – C’est l’AFEST, l’AFEST 🎶🎉 – : vivre une situation de travail ne suffit pas à apprendre. C’est sur ce constat que se base l’AFEST (Action de formation en situation de travail), reconnue depuis la loi n° 2018-771 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et dont la réflexivité est un critère légal. La réflexivité de l’apprenant n’est pas spécifique à l’AFEST mais cette dernière lui fait une place de choix, en estimant qu’il ne peut y avoir de réel apprentissage sans mise à distance régulière, intentionnelle et distincte du travail. Les situations professionnelles ne sont pas « apprenantes » en elles-mêmes : la pensée réflexive doit permettre à l’apprenant de comprendre ce qui sous-tend son action.

Elle favorise l’articulation entre savoirs académiques et pratique professionnelle, par un aller-retour constant entre la théorie et la réalité du terrain, indissociables bien que souvent opposées. Du « faire », on passe à l’« agir ». Okay, la différence est subtile, mais vous voyez l’idée #prénom ? 😂

En établissant un rapport distancié à l’action, on prend conscience de sa manière d’agir, ou de réagir, dans les situations professionnelles ou formatives. On s’interroge sur ce que l’on a fait, comment, pourquoi, ce qui a fonctionné ou non, les croyances qui ont pu nous influencer etc. La démarche se veut constructive, on cherche à apprendre de l’expérience et à construire des savoirs qui pourront être réinvestis dans les actions à venir. Pour Philippe Perrenoud, sociologue suisse, la compétence professionnelle se manifeste par la capacité à tirer certains enseignements pour une autre fois, en cours ou à l’issue de l’action. Analyser ses propres agissements et réflexions afin de les corriger et en extraire des axes de progrès, c’est justement le propre de la réflexivité 💎 On se prépare pour répondre plus adéquatement à une situation similaire : c’est ainsi que se fait la montée en compétences.

III – Comment adopter l’attitude du Penseur de Rodin ? 💭

La pensée réflexive sera plus efficace si elle est outillée 🛠 Voici quelques exemples !

Amateurs de moyens mnémotechniques, je vous propose de tester la méthode « FAST »
Faits : revenez factuellement sur la situation de travail vécue. Formalisez le récit de vos expériences. Cela ne suffit pas : il faut s’en servir pour passer à l’analyse de la situation de travail.
Analyse : Analysez votre pratique (vos décisions et leurs conséquences, vos ressentis etc.). Par cette mise à distance à la fois cognitive et affective, vous développez votre capacité à conduire vos propres apprentissages.
Solution : il s’agit de trouver soi-même des solutions aux difficultés rencontrées ou de revenir sur les solutions trouvées pendant la situation de travail.
Transfert : interrogez-vous sur les compétences ou savoir acquis applicables à d’autres situations.

Collectez les informations importantes et pistes de réflexion dans un espace dédié. Vous pouvez tenir un journal d’apprentissages, sorte de carnet de bord 🧳, pour relativiser vos expériences et garder une trace de vos apprentissages informels. Vous pouvez également les enregistrer sur des supports audio ou vidéo à réécouter lors de votre prochaine session de réflexivité. Soif de découvertes ? Tentez l’exercice de la carte mentale, ou mind mapping 🗺

Analysez vos façons de faire en lien avec celles des autres. Le collectif est indispensable : misez sur l’échange avec vos pairs ou d’autres apprenants via un animateur de la communauté. « Une organisation ou une entreprise ne peut être performante sans la mise en œuvre de compétences collectives » (Guy Le Boterf) : une réflexivité collective entre apprenants ou entre apprenants et sachants est donc bienvenue !

Psst, c’est enfin l’été, faites le plein de good vibes, de margarita & de soleil 🍹☀ D’ailleurs, l’été est une période propice à l’introspection ! On dit ça, on dit rien 😇

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Julie de chez NOOUS

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