#36 Demain, tous formateurs ?

Vous commencez à nous connaître, on apprécie plutôt bien les projections par ici 🔮😉 Aujourd’hui, on s’intéresse à la question suivante : demain, tous formateurs ?

Cette NOOUSletter ne s’appuie pas vraiment sur la littérature mais plutôt sur un signal faible : les collaborateurs disposent de nombreuses compétences à transmettre à leurs collègues. Ces savoirs, qu’il s’agisse de connaissances, de savoir-faire emmagasinés au fil des années ou de savoir-être (qualités personnelles et comportements), sont une source intarissable de richesses susceptibles de profiter à l’ensemble des collaborateurs.

Petite mise en situation avant d’entrer dans le vif du sujet. Fermez les yeux et visualisez votre entourage professionnel. Vous y trouverez sans doute cette personne dont la capacité d’analyse produit des résultats étonnants, celle dont vous admirez les techniques commerciales infaillibles ou encore celle qui n’a pas son pareil pour désamorcer un conflit ? Chaque échange est une occasion d’apprendre (ou de désapprendre pour mieux réapprendre). Comme dans Caméra café (vous validez la référence ? 😂), la machine à café est un endroit stratégique où se jouent finalement beaucoup de choses ! ☕

1- Aujourd’hui apprenants, demain formateurs

On ne se mouille pas trop 💦 en disant que nous sommes tous apprenants aujourd’hui. Plusieurs évolutions sous-tendent cette tendance, notamment :

  • L’essor des nouvelles technologies de l’information et la communication, la démocratisation des MOOCs, des plateformes de formations en ligne (e-learning) qui ont emboîté le pas à LinkedIn Learning (Degreed, EdCast) etc.
  • Nouvelles méthodes de management, académies et universités d’entreprise, développement du coaching, une plus grande porosité travail/loisirs
  • La loi pour la « Liberté de choisir son avenir professionnel » du 5 septembre 2018 qui réforme en profondeur le système de formation professionnelle. Son ambition ? Faciliter l’accès à la formation et son individualisation.
  • Le contexte de crise sanitaire qui a poussé à repenser la façon d’enrichir ses connaissances.
  • La volonté de prévenir l’obsolescence des compétences en mettant régulièrement en question ses pratiques.

De plus, les démarches personnelles d’acquisition des compétences, accompagnées par la multiplication des outils techniques, mettent à la portée d’un grand nombre la création de leur propre formation. Toutes ne se valent pas, évidemment, et il faut être attentif à ce que l’on consomme 👀 Ou plus simplement, donnent le goût du partage des connaissances ! Je pense par exemple à la chaîne YouTube « Épicurieux » de Jamy (oui, l’ancien présentateur de C’est pas sorcier). L’ingrédient sur lequel on ne peut faire l’impasse ? La pédagogie (l’aptitude à transmettre son savoir) bien sûr !

2- La nouvelle posture du formateur

Les services Formation ont passé beaucoup de temps à accumuler, acheter, rapatrier du savoir dans les formations. Ils doivent maintenant plutôt se concentrer sur la transmission car le savoir est partout, en abondance, disponible. La transmission des savoir, savoir-faire et savoir-être se complique et devient un enjeu majeur des organisations apprenantes.

La posture du formateur change, s’adapte à ces nouveaux modes de consommation de la formation. La relation entre apprenant et formateur évolue, elle est moins « descendante » : il est loin le temps de la dynamique maître-élève de la Rome antique 🏺 Cela transparaît dans le langage utilisé : l’« apprenant » remplace le « formé », le « learning » s’impose face au « teaching ». Le formateur devient un animateur, un accompagnateur, un facilitateur (toute ressemblance avec la chanson d’un ancien de la Star Ac’ est fortuite 🎤), un individu ressource, dont l’intervention est légitimée par une aptitude particulière, qui servira de mentor mais apprendra également des participants. L’apprenant également prend du galon : il ne se contente plus d’être un sujet qui assiste passivement à une formation, il devient un acteur à part entière. Son implication et l’échange avec le formateur et les autres participants permettent la montée en compétence de tous. Le contenu de la formation connaît aussi des changements avec des modules dynamiques, novateurs qui captent l’attention et encouragent la participation des apprenants.

À l’avenir, la formation sera plus diffuse (elle prend déjà de moins en moins la forme d’un groupe de personnes se réunissant dans une salle pour écouter un intervenant), elle se réalisera au quotidien et tout au long de la vie professionnelle. Ainsi, il y a fort à parier que demain, chacun de nous sera à la fois apprenant et formateur.

3- L’apprentissage par les pairs

L’apprentissage par les pairs répond au doux nom de pairagogie. Son ambassadeur est Howard Rheingold, enseignant-chercheur américain spécialiste des interactions sociales médiées par les TIC et auteur du guide pratique Peeragogy handbook.

Vous reconnaissez le néologisme derrière ce mot ? 🤓 Trêve de suspense : Pairagogie = pair + pédagogie ! Il désigne, selon la définition de Denis Cristol, chercheur et directeur de l’ingénierie et des dispositifs de formation du CNFPT, « une apprenance collective où chacun cultive le désir et l’attitude d’apprendre avec et par les autres ».

L’acquisition de connaissances se fait de manière « horizontale », c’est-à-dire que les savoirs sont partagés, coconstruits, par les individus au sein d’une communauté de pairs. Dans cette approche, le pair est moins un voisin d’étude qu’un partenaire actif d’apprentissage. L’apprentissage par les pairs atténue en outre la distinction entre formateur et apprenant. Ou plutôt, chacun peut être tour à tour l’un ou l’autre.

Comment mettre en place l’apprentissage entre pairs ? Il ne suffit pas de rassembler des personnes :

Les personnes doivent avoir une motivation intrinsèque à participer.

Le rôle du formateur est essentiel pour veiller au maintien d’un cadre propice à l’échange.

Les contributions des différents participants sont reconnues à valeur égale.

Comme nous l’avons vu dans une précédente NOOUSletter, les formations par cohorte ont le vent en poupe et sont un formidable carburant pour dynamiser l’apprentissage en équipe

Pourquoi ? On s’enrichit des échanges, on se sent porté par le groupe, on confronte nos idées, challenge nos visions, on booste notre créativité, on ouvre la voie à de nouvelles perspectives… Ce dialogue facilite également l’émergence de savoirs partagés 💬 En somme, le partage crée la richesse (c’est un peu le mantra chez NOOUS 😉)

D’ailleurs, l’apprentissage en équipe est une des 5 disciplines de l’organisation apprenante d’après Peter Senge. Contrairement à l’adage populaire, il estime qu’ensemble on va plus loin, mais également plus vite car l’énergie des individus s’harmonise. L’organisation apprenante encourage donc le retour d’expérience, le partage des bonnes pratiques, ainsi que le social learning (l’interaction entre les membres pour développer les compétences de chacun). Cette discipline, qualifiée d’« exigeante » requiert un effort soutenu de la part de l’entreprise et de ses membres. D’où l’importance d’apprendre à apprendre à travailler ensemble : émerge ici la notion d’intelligence collective 💡

Voilààà, cette NOOUSletter est terminée ! Et vous, comment appréhendez-vous le turfu de formateur ?

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Julie de chez NOOUS

Communicante enthousiaste

Email : jbessonie@noous.co

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Vous êtes arrivés à la fin de cette NOOUSletter (belle perf’)
Vous pouvez dès à présent reprendre une activité normale.

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